Romainville en bref : géographie, démographie, héritage urbain
Romainville compte environ 25 800 habitants pour 3,44 km² (densité supérieure à 7 000 habitants au km²), ce qui en fait une commune dense de la Seine-Saint-Denis tout en restant à taille humaine. La ville est marquée par une géographie singulière : un Plateau historique culminant à plus de 100 mètres au-dessus du niveau de la Seine et un Bas-Pays situé à l'est, plus bas, autrefois zone agricole et industrielle. Cette dénivelée structure la ville depuis l'origine et reste perceptible dans l'organisation des quartiers et des déplacements à Romainville aujourd'hui.
L'identité urbaine de Romainville mêle plusieurs strates. Un Centre historique autour de la place de la Laïcité, où se trouvent la mairie, les principaux équipements et les commerces de proximité. Un Plateau pavillonnaire hérité du début du XXe siècle, quand Romainville était encore village agricole et maraîcher. La grande cité Marcel-Cachin construite entre 1956 et 1964 sous la direction de l'architecte André Bérard, qui a longtemps dessiné la silhouette de la commune avec ses 1 127 logements d'origine répartis sur 16 bâtiments. Un Bas-Pays industriel reconverti depuis le lancement de la ZAC de l'Horloge, sur plus de 50 hectares. Et les Trois-Communes, quartier isolé au sud-est de Romainville par l'autoroute A3, à la frontière de Montreuil et Bagnolet.
Romainville fait partie de l'établissement public territorial Est Ensemble (T8), qui regroupe neuf communes du nord-est francilien : Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville. Est Ensemble porte le PLU intercommunal applicable à Romainville et coordonne les politiques d'aménagement, d'habitat et de mobilité à l'échelle du territoire. La commune est aussi marquée par la présence du Fort de Romainville, situé administrativement sur Les Lilas mais historiquement lié à Romainville, et chargé d'une mémoire forte de la Seconde Guerre mondiale.
- Plateau historique de Romainville : pavillonnaire, silhouette visible depuis Paris
- Bas-Pays en mutation : ZAC de l'Horloge sur plus de 50 hectares
- Cité Marcel-Cachin : 1 127 logements à l'origine (1956-1964, André Bérard), QPV en NPNRU
- Trois-Communes : quartier sud-est isolé par l'A3, environ 4 500 habitants
Le PLU intercommunal d'Est Ensemble appliqué à Romainville
Depuis la création d'Est Ensemble, le document d'urbanisme de référence pour Romainville est le PLU intercommunal porté par l'établissement public territorial (T8), approuvé en 2020. Il a succédé au PLU communal de Romainville. Il définit le zonage, les règles de hauteur, d'emprise au sol, de stationnement, de prospect et d'aspect extérieur applicables à toute construction, extension, surélévation ou changement de destination sur le territoire communal.
À Romainville, ce PLUi se lit différemment selon le secteur. Dans le pavillonnaire du Plateau et des Grands-Champs, les règles d'emprise au sol et de hauteur encadrent finement les extensions et surélévations, avec une attention particulière à la silhouette de la commune perceptible depuis Paris. Dans le Centre autour de la place de la Laïcité, le règlement compose avec un tissu plus dense, mêlant copropriétés et petits commerces. Dans le Bas-Pays, la ZAC de l'Horloge superpose au PLUi un dossier de réalisation qui fixe ses propres prescriptions. À Marcel-Cachin et aux Trois-Communes, les périmètres NPNRU et QPV se superposent au PLUi.
Avant tout projet à Romainville, la première étape consiste donc à lire le PLUi d'Est Ensemble à l'adresse précise du bien. Cette lecture détermine la faisabilité réelle, la procédure adaptée (déclaration préalable ou permis de construire) et les pièces que le service urbanisme de la mairie de Romainville attendra dans le dossier. C'est à ce stade que se joue la majorité des aller-retour évitables.
- PLUi Est Ensemble approuvé en 2020 : document applicable à Romainville à consulter avant tout dépôt
- Zonage variable : pavillonnaire Plateau et Grands-Champs, dense Centre, ZAC Horloge Bas-Pays, NPNRU Marcel-Cachin
- Aspect extérieur encadré par le règlement : matériaux, couleurs, menuiseries, toitures
- Stationnement et prospects à intégrer dès l'esquisse pour éviter les refus
La ZAC de l'Horloge : 50 hectares en mutation dans le Bas-Pays de Romainville
La ZAC de l'Horloge est l'opération d'aménagement structurante de Romainville depuis plus d'une décennie. Située dans le Bas-Pays, à l'est de la commune, elle couvre plus de 50 hectares anciennement occupés par l'industrie pharmaceutique, des entrepôts et des locaux logistiques. L'opération est pilotée par la Ville de Romainville en lien avec l'EPT Est Ensemble et un aménageur public, avec pour objectif de transformer un site à fonction strictement économique en un quartier mixte habité.
Concrètement, la ZAC de l'Horloge à Romainville prévoit la construction de plusieurs milliers de logements, l'implantation de commerces et de services en rez-de-chaussée, le développement d'équipements publics et la création d'espaces verts. Elle s'inscrit dans la dynamique plus large d'ouverture du Bas-Pays sur le reste de la commune et sur les communes voisines, en cherchant à réduire la fracture urbaine historique entre Plateau et Bas-Pays de Romainville. Une réflexion a même été menée sur la possibilité d'un téléphérique urbain reliant la ZAC de l'Horloge au Plateau pour absorber la dénivelée.
Pour un projet privé dans ou aux abords de la ZAC de l'Horloge, la lecture combinée du dossier de réalisation, du règlement de zone du PLUi d'Est Ensemble et des prescriptions de l'aménageur est indispensable. Un projet ignorant cette superposition de couches s'expose à des incohérences avec les opérations en cours et à des avis défavorables. La présence de la Cité Maraîchère, vitrine d'agriculture urbaine inaugurée à proximité de Marcel-Cachin, illustre l'ambition portée par Romainville sur la ville durable.
- Plus de 50 hectares en mutation dans le Bas-Pays de Romainville
- Ancien tissu pharmaceutique et logistique transformé en quartier habité mixte
- Pilotage par la Ville de Romainville, l'EPT Est Ensemble et un aménageur public
- Cité Maraîchère : vitrine d'agriculture urbaine emblématique de la dynamique romainvilloise
Marcel-Cachin : convention ANRU, cité jardin et requalification
Le quartier Marcel-Cachin, à l'ouest du Plateau de Romainville, est le grand ensemble historique de la commune. Construit entre 1956 et 1964 sous la direction de l'architecte André Bérard, il comptait à sa livraison 1 127 logements répartis sur 16 bâtiments et reste classé quartier prioritaire de la politique de la ville (QP093025). Le quartier fait l'objet d'un programme de rénovation urbaine engagé dès 2001 et accéléré par la convention signée avec l'ANRU en 2007, dans le cadre du premier puis du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU).
Cette opération combine démolition partielle, reconstruction, réhabilitation lourde de logements sociaux, requalification des espaces publics, diversification de l'habitat et création d'équipements emblématiques comme la Cité Maraîchère. Pour un projet privé situé à Marcel-Cachin ou pour un projet d'amélioration de l'habitat porté par un bailleur ou un copropriétaire, la lecture de la convention ANRU et le dialogue avec l'opérateur sont des étapes incontournables. Le quartier mêle parc social, copropriétés parfois dégradées et opérations récentes : la qualification du maître d'ouvrage conditionne la procédure.
Concrètement, intervenir à Marcel-Cachin demande de croiser plusieurs couches : le PLUi d'Est Ensemble, la convention NPNRU, le règlement de copropriété quand le bien est en collectif, et les protocoles avec les bailleurs sociaux. L'architecte HMONP joue un rôle de chef d'orchestre, en cadrant la procédure et en portant le dialogue avec les services compétents de Romainville. Le plan-masse d'origine d'André Bérard et la trame paysagère sont structurants : toute intervention demande une lecture fine de l'existant.
- Marcel-Cachin : 1 127 logements à l'origine (1956-1964), architecte André Bérard
- Quartier Prioritaire de la Ville (QP093025) et NPNRU depuis 2007
- Démolition, reconstruction, réhabilitation et diversification de l'habitat en cours
- Cité Maraîchère : équipement emblématique d'agriculture urbaine à Romainville
Le Fort de Romainville : mémoire et abords sensibles
Le Fort de Romainville, bien que situé administrativement sur la commune voisine des Lilas, est historiquement et symboliquement lié à la ville. Construit au XIXe siècle dans la première ceinture fortifiée de Paris, il a connu un destin tragique pendant la Seconde Guerre mondiale : utilisé par l'occupant allemand comme premier camp d'internement administratif installé en France occupée, il a été le principal lieu d'internement de femmes résistantes avant leur déportation. Environ 7 000 personnes y ont été internées, dont 3 800 femmes, et 200 y ont été fusillées. Le 24 janvier 1943, 230 résistantes ont été déportées depuis le Fort vers Auschwitz-Birkenau.
Aujourd'hui, le Fort de Romainville accueille le Mémorial national aux femmes en résistance et déportation, au cœur d'un projet urbain dit Grand Lilas qui prévoit son réaménagement et son ouverture au public. Pour un projet d'architecture situé à proximité du Fort, à Romainville comme aux Lilas, l'enjeu mémoriel et patrimonial s'ajoute aux règles classiques du PLUi : insertion paysagère, traitement des vues, attention aux abords.
Cette épaisseur historique fait partie de l'identité de Romainville. Un projet sur le Plateau ou en limite des Lilas doit en tenir compte, non comme une contrainte purement réglementaire, mais comme un élément de contexte qui pèse sur l'opinion publique locale, sur les habitants et parfois sur l'opinion de la commune voisine.
- Fort de Romainville : ancien camp d'internement nazi, 7 000 personnes, 3 800 femmes
- Mémorial national aux femmes en résistance et déportation
- Projet urbain Grand Lilas en cours autour du Fort
- Enjeu d'insertion paysagère et mémorielle pour les projets aux abords
Ligne 11 du métro prolongée : Romainville change d'échelle depuis juin 2024
Le 13 juin 2024, le prolongement de la ligne 11 du métro de Mairie des Lilas à Rosny-Bois-Perrier a été inauguré, après huit années de chantier. Six nouvelles stations ont été créées : Serge Gainsbourg (Les Lilas), Romainville-Carnot, Montreuil-Hôpital, La Dhuys, Coteaux Beauclair et Rosny-Bois-Perrier. Pour Romainville, la mise en service de la station Romainville-Carnot, sur la place Carnot au cœur du Plateau, change profondément les équilibres de la commune. Le trajet jusqu'à République prend désormais 14 minutes contre 28 auparavant, et jusqu'à Châtelet environ 25 minutes.
Cette nouvelle accessibilité accélère la valorisation foncière des quartiers du Plateau autour de Carnot et déclenche un cycle de projets résidentiels, de réhabilitations et de programmes mixtes. Les propriétaires de pavillon voient leur bien revalorisé. Les copropriétés du Centre et autour de la place Carnot deviennent l'objet d'opérations d'acquisition-amélioration. Les rez-de-chaussée commerciaux longtemps en sommeil retrouvent une logique économique. Et l'EPT Est Ensemble, qui pilote le PLUi, ajuste les règles de stationnement et les attentes qualitatives pour accompagner cette mutation.
Pour un projet d'architecture à Romainville après juin 2024, l'enjeu se déplace : la commune n'est plus une banlieue dépendante de la ligne 5 et des bus, c'est désormais une ville métropolitaine connectée directement au centre de Paris. Le PLU, le marché et la valeur d'usage des biens évoluent en conséquence, et l'architecte doit en tenir compte dans le cadrage du projet, dans les choix d'optimisation des surfaces et dans la conversation avec le client. Romainville se vend mieux, mais le ticket d'entrée monte.
- Ligne 11 prolongée à Rosny-Bois-Perrier : inauguration le 13 juin 2024
- Station Romainville-Carnot : nouveau pôle métropolitain de Romainville
- République en 14 minutes, Châtelet en environ 25 minutes
- Valorisation foncière du Plateau et cycle de projets résidentiels accéléré
Performance énergétique et rénovation à Romainville : un enjeu de fond
Une part importante du parc romainvillois est antérieure aux normes thermiques modernes. Les pavillons du Plateau et des Grands-Champs, les immeubles d'après-guerre du Centre, la cité Marcel-Cachin des années 1956-1964 et les copropriétés de la fin du XXe siècle forment un patrimoine globalement énergivore. Le calendrier d'interdiction de location issu de la loi Climat et Résilience se durcit : logements classés G interdits en 2025, F en 2028, E en 2034. À Romainville, cela concerne mécaniquement une fraction significative du parc locatif.
Pour les propriétaires romainvillois, cette échéance transforme la rénovation énergétique en projet de fond. Une rénovation cosmétique sans traitement de l'enveloppe (isolation, menuiseries, chauffage, ventilation) n'a plus de sens à dix ans : le bien risque de devenir inlouable. La rénovation énergétique se prépare donc dès l'audit de faisabilité, en croisant le DPE initial, la composition de l'enveloppe et les usages réels du logement. La question est encore plus aiguë sur Marcel-Cachin, où plusieurs copropriétés rencontrent des difficultés de financement.
Plusieurs aides existent à Romainville : MaPrimeRénov' nationale modulée selon les revenus, MaPrimeRénov' Copro pour les copropriétés engageant une rénovation globale, les aides Anah pour les propriétaires occupants modestes, les certificats d'économies d'énergie et les dispositifs locaux portés par l'EPT Est Ensemble. L'architecte HMONP est souvent obligatoire dans le montage AMO ou MOE des aides Copro et Anah, ce qui fait du choix de l'architecte une étape qui pèse sur le plan de financement.
Concrètement, un projet de rénovation à Romainville doit aujourd'hui intégrer la dimension énergétique dès l'esquisse. La séparation entre rénovation cosmétique et rénovation lourde tend à s'effacer : la cohérence d'un projet sur dix à quinze ans demande de traiter sérieusement les passoires, sans quoi le bien perd de la valeur d'usage et de la valeur marchande, ce qui contredit la dynamique de valorisation portée par la ligne 11.
- Calendrier d'interdiction de location : G 2025, F 2028, E 2034
- Aides cumulables : MaPrimeRénov', MaPrimeRénov' Copro, Anah, CEE
- Architecte HMONP souvent obligatoire pour le montage AMO ou MOE
- Audit énergétique à intégrer dès l'esquisse pour les projets romainvillois
Un prescripteur local utile : le CAUE 93 et l'accompagnement public
Pour les particuliers romainvillois qui démarrent un projet, le CAUE 93 (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement de la Seine-Saint-Denis) est un acteur public neutre et utile. La Ville de Romainville n'a pas d'architecte attitré : le demandeur est invité à se rapprocher de l'architecte de son choix, mais peut bénéficier en amont de conseils gratuits dispensés par les architectes-conseil du CAUE 93 sur rendez-vous. Son rôle n'est pas de remplacer un architecte HMONP, mais d'orienter en amont, de clarifier les questions de procédure et de prévenir les erreurs grossières avant que le client n'engage des frais.
Dans la pratique, j'oriente régulièrement les clients de Romainville en début de projet vers les permanences du CAUE 93 pour confirmer une intuition réglementaire ou pour qualifier rapidement un cas sensible, en particulier dans le pavillonnaire du Plateau ou autour des abords du Fort. Une fois ce premier filtre passé, le travail de l'architecte HMONP prend le relais : étude de faisabilité, esquisse, dossier de permis de construire ou de déclaration préalable, suivi d'instruction et coordination du chantier.
Ce double maillage prescripteur public plus architecte privé est l'une des forces de la Seine-Saint-Denis. Sur Romainville, il permet de cadrer rapidement un projet sans accumuler des semaines de démarches en aveugle et d'aller à l'essentiel : un dossier instruisable au premier dépôt, défendable en assemblée générale et tenable en chantier.
- CAUE 93 : conseil gratuit aux particuliers, neutre et utile en amont du projet
- Permanences architecturales régulières en Seine-Saint-Denis
- Service urbanisme de Romainville : interlocuteur de proximité pour le dépôt
- EPT Est Ensemble : porteur du PLUi et coordinateur des politiques territoriales