Cuisine : implantation, hauteurs, équipements
La cuisine se conçoit autour du triangle d'activité (cuisson, lavage, stockage froid) avec des distances optimisées entre 1,20 m et 2,70 m entre chaque pôle. Implantation en L pour les angles, en U pour un confort maximal (deux personnes peuvent y travailler), en I linéaire pour les espaces étroits, en îlot central dès que la pièce dépasse 14 m². Hauteur standard du plan de travail : 90 cm, mais elle se cale idéalement à la taille de l'utilisateur principal (95 cm pour quelqu'un de grand, jusqu'à 100 cm sur mesure). Largeur de plan : 60 cm pour les implantations classiques, 65 cm pour pouvoir poser un grand plat sans rogner sur la circulation. La hotte est dimensionnée selon son mode : extraction CTI (conduit sortant en toiture, performance optimale, débit 600 à 900 m³/h selon volume) ou recyclage (filtre charbon, performance moindre mais installation simple en copropriété). Les prises électriques s'implantent en crédence à 110 cm du sol, en îlot avec module relevable, avec circuit dédié 32 A pour la plaque induction et 20 A pour le four.
Salle de bain : normes NF C 15-100 et étanchéité
La salle de bain est régie par la norme NF C 15-100 sur l'électricité, qui définit quatre volumes de sécurité autour de la baignoire ou de la douche. Volume 0 : intérieur de la baignoire, IPX7 immergé exigé. Volume 1 : jusqu'à 2,25 m au-dessus, IPX4 classe II. Volume 2 : 60 cm autour, IPX4 classe II. Hors volume : appareils classiques. L'étanchéité à l'eau sous carrelage (SEL ou SPEC pour douche à l'italienne, norme NF DTU 52.2) est obligatoire avant carrelage : sans elle, l'humidité s'infiltre dans la structure et provoque des désordres irréversibles. La ventilation mécanique contrôlée (VMC hygroréglable B en réglementation thermique, ou simple flux dans les anciens immeubles parisiens) est exigée pour évacuer l'humidité. La pente d'évacuation de la douche italienne se cale à 2 % minimum (2 cm par mètre) vers le caniveau. Les distances d'implantation : 60 cm devant un lavabo, 75 cm devant une douche, 110 cm devant une baignoire, 20 cm de part et d'autre des WC.
Dressing et placards intégrés
Un dressing efficace réclame une profondeur de tringle de 60 cm minimum (cintres standards veste/manteau), une largeur d'ouverture de 50 à 70 cm par personne. Hauteur de tringle simple : 1,80 m. Hauteur de double tringle (deux barres pour vestes et bas) : 0,90 m et 1,80 m. Linéaire idéal : 4 m de tringle par adulte. Profondeur tiroir : 50 à 55 cm. Hauteur tiroir : 12 cm pour les sous-vêtements, 18 à 25 cm pour les pulls, 35 cm pour les chaussures. Les portes coulissantes économisent 80 cm de circulation par rapport aux portes battantes mais coûtent plus cher (rails Häfele ou Eku). Une cloison à galandage (porte qui disparaît dans le mur) reste la solution la plus élégante pour les ouvertures de dressing dans les chambres.
Suite parentale : ratios et liaisons
Une suite parentale fonctionnelle se cale entre 25 et 35 m² intégrant trois espaces : chambre (12 à 15 m² pour un lit 160×200 plus chevets et passage), dressing (5 à 8 m²) et salle de bain attenante (8 à 12 m²). La liaison chambre-dressing-SDB se conçoit en circulation fluide, idéalement sans porte d'interface entre dressing et SDB (gain de fluidité et d'humidité contrôlée par VMC). La SDB attenante est souvent privilégiée en double vasque (largeur 140 cm minimum) avec douche italienne plutôt que baignoire pour gagner en surface.
Bibliothèque et mobilier sur mesure
Une bibliothèque sur mesure prévoit 30 cm de profondeur pour les livres standards, 40 cm pour les objets et les beaux-livres. Hauteur des tablettes : 30 cm pour livres de poche, 35 cm pour grands formats, 40 à 45 cm pour beaux-livres et objets. Charge linéique à dimensionner : 100 kg par mètre linéaire de tablette, ce qui impose des fixations murales adaptées (chevilles métalliques type Fischer FM ou tiges chimiques pour murs anciens, équerres invisibles ou crémaillères pour mobilier intégré). Sur les très grandes bibliothèques (3 m de haut et plus, 5 m linéaires), une descente de charge en plancher peut s'imposer après vérification structure.
Cloisons : performance phonique et fonctionnelle
BA13 standard sur ossature métallique 48 ou 70 (épaisseur totale 7 à 8 cm, performance phonique Rw 35 à 40 dB) pour les cloisons courantes. Double cloison phonique 98 mm avec laine de roche pour les murs entre chambres ou avec voisins (Rw 50 à 55 dB). Cloison à galandage (porte coulissante qui disparaît dans le mur) pour les passages où une porte battante mangerait 80 cm de circulation. Cloison en briques plâtrières pour la résistance à l'humidité dans les SDB. Cloison alvéolaire pour les zones secondaires (placards, doublages). Cloisons en verre ou en métallerie verrière atelier pour les séparations visuelles sans cloisonnement.
Sols : choix selon usage et budget
Parquet massif en chêne (haut de gamme, ponçage et revernissage possibles sur 50 ans), contrecollé (parquet massif sur lamellé, plus stable en rénovation et compatible plancher chauffant), stratifié (entrée de gamme, bonne résistance trafic mais durée de vie limitée). Carrelage grand format 60×120 ou 80×80 (effet contemporain, joints minimisés). Béton ciré sur primaire d'accroche (cuisine, SDB, séjour, effet matiéré). Résine époxy ou polyuréthane (locaux pro, garages, lofts industriels). Vinyle LVT (Luxury Vinyl Tile, très bonne résistance, pose collée, idéal cuisine et entrée). Le choix se fait au croisement de l'usage (passage, humidité, salissure), du budget et du parti esthétique.
Acoustique : trois axes de traitement
L'acoustique se traite sur trois axes complémentaires. Isolement aux bruits aériens (voix, télévision) par doublage masse-ressort (laine minérale + plaque de plâtre désolidarisée, performance Rw 50 à 55 dB). Isolement aux bruits d'impact (pas, déplacements de meubles) par chape flottante sur sous-couche résiliente ou parquet sur sous-couche acoustique 5 à 8 mm. Traitement de la réverbération intérieure par panneaux acoustiques, tentures épaisses, tapis et faux plafond perforé. Les normes de référence en logement neuf (NRA) : Rw ≥ 53 dB entre logements, bruit d'impact L'nT,w ≤ 58 dB. Sur un duplex, le traitement du sol haut (côté étage) est prioritaire.
Éclairage : quatre scénarios superposés
Un plan d'éclairage sérieux superpose quatre scénarios sur chaque pièce. Éclairage général (plafonnier ou suspensions, 100 à 200 lux moyen) pour la perception globale. Éclairage d'ambiance (lampes posées, appliques, éclairage indirect en gorge, 50 à 100 lux) pour la chaleur du lieu en soirée. Éclairage fonctionnel (spots sous-meubles cuisine, miroir SDB, luminaire de bureau, 300 à 500 lux) pour les tâches précises. Éclairage d'accent (spots dirigés sur un tableau, une niche, une bibliothèque, 200 à 400 lux) pour la mise en scène. Température de couleur : 3000 K (chaud) pour séjour et chambres, 4000 K (neutre) pour cuisine et SDB. Indice de rendu des couleurs (IRC) supérieur à 90 pour respecter les matières et les peaux. Variateurs et scénarios programmables sont la règle, pas l'exception.
Domotique : protocoles à choisir
KNX (filaire bus, protocole professionnel pérenne, idéal pour rénovation lourde) pour piloter éclairage, volets roulants, chauffage, climatisation et scénarios. Z-Wave ou Zigbee (radio, idéal en rénovation légère) pour les installations sans gros tirage filaire. Sonos pour le multiroom audio. Apple Home (HomeKit), Google Home ou Home Assistant comme couche utilisateur unifiée. Caméras Netatmo, Reolink ou Ubiquiti. Le choix se fait selon l'ampleur de la rénovation (filaire KNX si tout est cassé, radio si rénovation légère) et le niveau d'intégration souhaité.